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Letter to the Bailli de Suffren, c. 1786


transcription

[Draft of a letter from R.J. Gordon to Admiral comte Pierre André de Suffren de Saint Tropez, known as the Bailli de Suffren, 1786. Brenthurst Library, MS 107/13/2/3).]

[This is a draft in Gordon’s own hand. The transcription and translation as well as the identification of the recipient are taken from from J.K. Linden: “Letter from Robert Jacob Gordon to Monsieur le Bailli on his fifth journey in the interior of the Cape colony (1786)”, Outre-mers, XCVII nr. 366, 2010, pp. 183-98 available at http://www.persee.fr/doc/outre_1631-0438_2010_num_97_366_4460.]

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Monsieur le Bailli,

Monsieur le chevalier d'Entrecasteaux m'a remis votre pretieux présent dont j'ai l'honneur de vous temoingner ma vive reconnaissance; et personne n'a ete plus touché et satisfait que moi lorsque j'ai entendu la voix générale non seulement du Roi et de la nation française mais de tout le monde sur les lauriers qui vous etoient si justement dues.
Que le ciel vous préserve longtemps Monsieur le Bailly, en santé pour en jouir et pour le bonheur de votre patrie, et de la mienne qui vous a tant d'obligations.
Un cinquième voyage dans ce payi, qui a duré pres de six mois, m'a empêché de vous écrire plústot. J'avais fait faire en Angleterre par Ramsden un quadrant astronomique, que j'ai reçu apres cinq ans d'attente. Cet instrument parfait me donnant les observations jusques à une seconde m'a déterminé à ce voyage.
Je suis parti pour les hautes pitons que l'on voit au nord-est du Cap où j'ai commencé mes opérations; de là j'ai été à la Baye de Sainte Hélène sur la côte occidental, et côtoyant jusques environs les 31˚ où je n'avais pas encore été, j'ai quitté cette côte qui n'etoit de là connue jusques le 27˚, et en traversant avec différentes directions j'ai revu mer du Sud vers la pointe du patron d'où je suis revenu toujours en côtoyant jusques à Cap Falso. J'ai cette fois passé les forêts qui sont le long de la côte entre le Cap das Serras et la baye Formoso ou de Plettenberg que l'on n'avoit pas encore passé, pour examiner s'il n'y avoit pas encore des enfoncements où des vaisseaux pouvoit être à l'abris, que je n'ai point rencontré mais bien une mauvaise côte et beaucoup de rochers escarpés. J'ai trouvé bien des erreurs dans les latitudes et longitudes des cartes de cette côte, mais que Manuel Perestrello est le meillieur et que le nom de baye Formoso donné à Mosselbaye par Monsieur d'Apres est la raison d'une erreur d'un degré de longitude dans les cartes, d'un car l'on veut y une baye Saint Biaise, et la baye Saint Blaise et la Mosselbaay sont une et même baÿe, suivant les renseignements non équivoques de Perestrello, qui y place un ille ou roché, et point dans baye Formose, aussi bien que j'ai trouvé des restes de cet hermitage dont il parle. Mais j'ai ete étonné que Perestrello, en parlant de la baye Saint Sébastien dont le Cap Infant fait la pointe occidental, comme d'une double baye. J'ai fait tout le tour aussi bien là que dans tous les enfoncemens de la côte et je puis vous assurer, Monsieur le Bailly, que cela n'existe pas, mais bien que cet enfoncement que nous nommons Struisbaay et où notre Brede rivier rivière large, coule à une demi-lieue de la pointe ou Cap Infant, est simple et de peu d'abris, et que la rivière est salé à plus de 3 lieues de son embouchure et presque inabordable du côté de la mer, même avec un petit bot [sic : boat]; qu'ainsi d'y faire de l'eau, et encore de très mauvaise qualité, d'une petite fontaine entre la rivière et Cap Infant, ainsi que l'atterrage, y est très dangereux, comme a experimenté le vaisseau français qui y a eté en 1781 étant separé du convoi de votre glorieuxse expédition de St Jago lorsque vous sauvates le Cap.
La côte l'oúwest du Cap Infant e[s]t quelques lieues rochatre [sic : rocheuse] et droite et qu'après il se forment encore graduellement deux grandes et ou[v]ertes enfoncements dont le premier et plus petit a un récif qui salie [sic : saille] loin dans la mer où il y a un rocher entouré de la mer à la pointe et l'autre, presque aussi profond que la baye Saint Blaise ou Mosselbaay [entouré de] tout côté de sable mais où la mer brise beaucoup, est terminé par le premier recif à l'est du Cap des Aiguilles, qui est fort loin d'être une pointe mais bien un cap peu elevé avec des petites anses rochatres du coté de l'est, après quoi il est presque est et west pendent quatre lieues, après quoi il perd vers le nord-west par anses rochatres pour former un grand enfoncement où il y a par ci par là du sable, terminé par un récif qui ailli loin dans la mer etant situé du milieu du Cap des Aiguilles à la distance de six lieues. Nous nommons ce récif Nicobar depuis que le vaisseau danois de ce nom s'y est perdu en 1783. Le grand enfoncement de sable directement à l'est du Cap des Aiguilles serait tout aussi bon pour un vaisseau en danger que la baye Saint Sebastien, si meme l'on peut y atterrer avec des chaloupes beaucoup mieu que dans toute autre baye sur cette côte, dans une petite baye au west de cet enfoncement que nous nommons Schonebergs baaytje et où nos payisans vont à la peche, si il y avait de l'eau mais il ne se trouvé que dans un grand lac d'eau douce à deux lieues au nord du Cap des Aiguilles qui sert pour abreuver nos habitans epars dans ces cantons. J'ai trouvé la latitude du Cap des Aiguilles de [blank] degrés etc.
J'ai trouvé, [à]la latitude de [blank] et longitu[de] [blank], sur une coline sailliante dans la mer, un monument détruit; j'en ai rapporté trois pieres d qui sont remplis des inscriptions.
D'un côté ce sont des lettres romaines comme sur nos vieux tombeaux, et de l'autre de l'arabes. Ces pieres que j'ai amenées au cas sur mon char ont l'air d'être terriblement vieux, [et]
quoique quelques lettres sont parfaitement conservé que le temps les a [ron/man][et] trop maltraité, et je crains que l'on ne debrouillera point cet écriture,

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La pierre est un espece de marbre, et je n'en ai pas trouvé dans les environs de pareil. Quelques Hottentots m'ont dit que les Caffres qui vivoit il y a quelque temps dans ces environs, mais qui sont à présent plus à l'est, croyoit que ce monument, lorsque les femmes se frottoit contre, servoit à les rendre fertiles.
Monsieur de Curt, porteur de cette lettre, s'est chargé de vous remettre quelques graines que j'ai rapporté. J'espère qu'il prendront dans des ser[re]s; je n'ai pas pu les nommer ne les ayant pas vu en fleur[*]. J'y ai ajouté une piere que le hasard m'a fait trouver et que je regarde comme tres singulier, car l'interieur est creux et rempli des couleurs qui peuvent servir pour colorer, comme vous verrez par les echantillions prise hors de différentes de ces pierres. J'en ai ramassé beaucoup au pied d'une montagné, qui terminoit une chaine granitale et d'où vers la mer entre cap récif et la baye St. François il y a des hautes collines calcaires, couvertes de l'herbe et arbres. J'ai beaucoup cherché les indices des montagnes volcanisés mais je ne les ai point trouvé, et ce payi n'annonce rien depuis le 32 degré que des bouleversemens comme occasionnées par un affaissement dans le pôle zúd qui y a fait retirer la mer, et une diminution des eaux sur la terre. Car sur le 32˚ commence un pays plat qui est élevé en général de 4 à 5000 mille pieds, et qui a tout l'air d'une côte. Il commence environ à un demi degré de longitude sur le parallele nommé à l'est du Cap et fait le tour avec la côte où il tourne vers Point natal. Les chaines des montagnes courent à peu près parallèles à cette vieille côte ou precipice zud d'un continent nord élevé
il y a où les lits sont en general horizonteaux composé d'un espèce de granit dúr et plus homogene que ceux des chaines. Entrecette vielle côte et la premiere chaine il y a beaucoup du plat payi où l'on trouve beaucoup de pierres schisteuse,[missing word : et] aussi par ci par là des [reading uncertain : bancs] calcaire mais les lits des [missing word : pierres] schisteuse sont presque tous perpendiculaire à l'horizon avec plus ou moins d'inclinaison, et courent generalement parallèle au chaines des montagnes, [†]
† J'ai cherché partout des coquilles marines dans les endroits elevés ou dans les pierres mais je n'en ai jamais trouvé qu'à la hauteur d'environ 3 cent pieds au-dessus du niveau de la mer, et dans son voisinage mais point dans l'intérieur du paÿi, quoique il y avoient des pieres calcaires.

  • J'attends tous les joúrs des plantes de différents espèces de pommes mandarines que j'ai commissionés dans nos meillieurs cantons, que j'aurai l'honneur de vous envoyer avec le premier occasion.

translation

[Draft of a letter from R.J. Gordon to Admiral comte Pierre André de Suffren de Saint Tropez, known as the Bailli de Suffren, 1786. Brenthurst Library, MS 107/13/2/3).]

[This is a draft in Gordon’s own hand. The transcription and translation as well as the identification of the recipient are taken from from J.K. Linden: “Letter from Robert Jacob Gordon to Monsieur le Bailli on his fifth journey in the interior of the Cape colony (1786)”, Outre-mers, XCVII nr. 366, 2010, pp. 183-98 available at http://www.persee.fr/doc/outre_1631-0438_2010_num_97_366_4460.]

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Monsieur le Bailli,

The Chevalier d'Entrecasteaux gave me your precious gift for which I am deeply grateful; no one could have been more moved and satisfied than me when I heard the general opinion, not only of the King and the French nation, but also the entire world concerning the recognition that was so rightly due to you. May the Heavens keep you in good health, Monsieur le Bailli, for the happiness of your country and mine, who owes you so much.
A fifth trip of almost six months in this country prevented me from writing sooner. I asked Ramsden in England to make me an astronomical quadrant which I eventually received after waiting for five years. Because this perfect instrument makes it possible to take measurements accurate to the second, I decided to go on this trip. I left for the high peaks we can see in the North-East of the Cape where I began my operations. From there, I went to St Helena Bay on the west coast and then travelled along the coast up to around 31˚ where I had never been before. I left the coast that, from there, was not known up to 27˚, and by crossing in different directions, I was able to see again the South Sea towards the Cape Padrone from where I came back while still travelling along the coast up to Cabo Falso. This time I went by the forests found along the coast between Cape das Serras and Formoso or Plettenberg Bay that no one had yet passed, to see whether there were still embayments in which vessels could take shelter. I did not find any but found instead a coast that turned out to be difficult and full of steep rocks. I found many mistakes in the latitudes and longitudes indicated on the maps of this coast, and found that the name Formoso Bay, given by Monsieur d'Après to Mossel Bay, is the reason why the maps are wrong by one degree of longitude because one wants to insert there a Saint Blaize Bay, but Saint Blaize Bay and Mossel Bay are one and the same, according to the unequivocal information of Perestrello who placed [on the map] an island or rock at that spot but not on Formoso Bay, besides the fact that I found the remains of that isolated hermitage he mentions. But I was surprised that Perestrello refers to Saint Sébastian Bay, with Cape Infanta as the western headland, as a double bay. I checked the place and all the coastal embayments inside out, and I can assure you, Monsieur le Bailli, that this does not exist, but that this embayment we call Struisbaay and into which our Breede River or "Broad River" flows, half a league away from the headland or Cape Infanta, is indeed simple and not much of a shelter, and that the river is salty more than 3 leagues away from its mouth and almost unapproachable from the sea side, even with a small boat; and that to collect water, of bad quality at that, from a small fountain between the river and Cape Infanta and to land there is very dangerous, as experienced by the French vessel in 1781 that went there after being separated from the convoy of your glorious St Jago expedition when you saved the Cape. The coast, west of Cape Infanta, over a few straight leagues of rocks after which two wide and open embayments gradually form, the first and smallest one with a reef protruding far into the sea where the tip of a rock is surrounded by water, and the second, almost as deep as Saint Blaize Bay or Mossel Bay, surrounded by sand on which many waves come crushing, ends with the first reef east of Cape Agulhas, which is far from being a headland but indeed a low-rise cape with small rocky coves on the east side, after which it goes on an east-west direction for four leagues, after which it extends north-westward with rocky coves to form a wide embayment where sand is found here and there, ending with a reef jetting out far into the sea situated at six leagues from the middle of Cape Agulhas. We name this reef Nicobar after the name of the Danish vessel that sank there in 1783. The wide sand embayment directly east of Cape Agulhas would be as good as Saint Sébastian Bay for a vessel in danger, and one can even land there with longboats much better than in any other bay on this coast, in a small bay in the west of this embayment which we name Schoneberg Baaytje and where our peasants go to fish, but there is no water there save for the water found at a wide fresh water lake situated two leagues away north of Cape Agulhas and that is used as drinking water by our peasants scattered throughout these districts. I found that Cape Agulhas had a latitude of [blank]. I found at the latitude of [blank] and the longitude of [blank], on a hill jetting out to sea, a destroyed monument; I brought back with me three of its stone pièces filled with inscriptions. On one side, the stones bear roman letters like the ones we find on our old tombs, and the other side bears inscriptions in Arabic. The stones I brought back with me on the wagon, just in case, seem terribly old,[and], although some of the letters are perfectly preserved, time did spoil and damage them badly and I fear that we shall not be able to decipher the writing.

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The stone is a kind of marble and I have not found any like it around. A few Hottentots told me that the Kaffirs who lived around here some time ago, but who now live more eastward, believed that this monument made women fertile when they rubbed against it.
Monsieur de Curt, the bearer of this letter, undertook to give you a few seeds I brought back with me, and I hope they will take root in greenhouses; I was not able to name them since I have not seen them in full bloom. <*Everyday I wait for transplants of different mandarine apples which I commissioned from our best districts, and which I will be honoured to send you as soon as the opportunity arises>; with the seeds I included a stone I found by chance and which I consider to be very singular, for the inside is hollow and filled with colours that can be used to colour in, as you will see from the samples I extracted from these various stones. I picked up quite a lot of these stones at the foot of a mountain ending a granite ridge where, towards the sea between Cape Recife and St Francis Bay, one finds high calcareous hills covered in grass and trees. I looked hard for clues of volcanic mountains but found none, and the only information this region offers from 32˚[onwards] is on disruptions potentially resulting from a sinking in the south pole that pushed the sea backwards and reduced water [levels] inland ; for 32˚ is the start of a flat region generally high of 4 000 to 5 000 feet and that looks like a coast. [This old coast] begins at around half a degree of longitude on the said parallel east of the Cape and goes around following the coast where it turns towards Point Natal. The mountain ranges run more or less parallel to that old coast or southern precipice of the north elevated continent, where strata are usually horizontal and made of a hard type of granite which is more homogeneous than that found in the strata of the ranges. Between this old coast and the first mountain range, one finds many flat areas where large quantities of schisteous stones as well as calcareous layers here and there, and all the schisteous stone strata are almost perpendicular to the horizon and are more or less inclined, and generally run parallel to the mountain ranges.†
<† I looked everywhere for sea shells on [the surrounding] heights or inside stones and only found some at three-hundred feet above sea level and neighbouring places but none inland, although there were calcareous stones>.